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« Les Progrès de l’éducation » par Karine Linord

Editorial du Tropics Magazine No.60

Il y a de cela plusieurs dizaines d’années, quand un enfant naissait, il était très tôt pris en charge, déjà par ses parents, qui commençait un travail d’éducation.

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Karine Linord (Editrice, Tropics Magazine) – Zone Francophone

Cette éducation reposait sur un socle solide à savoir l’autorité, l’autorité des parents bien sûr, mais plus largement l’autorité des ainés, des oncles, et des tantes qui n’habitaient pas très loin du domicile.

Un fois scolarisé, une nouvelle autorité, celle de l’enseignant venait renforcer celle des parents. En entrant au catéchisme, l’autorité du prêtre et de l’institution religieuse s’imposait à lui comme une autorité céleste avec une force indescriptible.

Au lycée, bien sûr, l’autorité morale et intellectuelle du professeur rivalisait avec la peur du proviseur ou mieux du censeur, comme on le disait à cette époque.

Une fois les études terminées,  la dernière étape et certainement la plus redoutable était l’autorité militaire, avec d’ailleurs un service obligatoire, ou la discipline ne supportait aucun manquement.

Une fois revenu à la vie civile, l’autorité  policière, et même judiciaire était respectée, et même pourrait-on rajouter les croyances populaires (Quimbois et autres Vaudous) qui participaient, elles aussi, de nos interdits  dans nos cultures.

Il est interdit d’interdire, entendait-on ici où là nos philosophes, le tout relayé par nos politiques; l’éducation ne représentait rien de plus qu’une aliénation étouffant par la même occasion le génie humain. Il fallait au plus vite se débarrasser de tous ces carcans qui asservissaient l’espèce humaine.

En à peine vingt-ans que de révolutions, que de changements, que de bouleversements: les parents ont lâché prise, le père est parti, la famille proche disparue, l’autorité du professeur laminée, le prêtre devenu suspect et, avec lui, l’église toute entière est discréditée, le service militaire supprimé. Les croyances populaires sont d’un autre âge, la police n’impressionne plus et la justice qui n’a déjà plus de place dans les prisons cherche d’autres méthodes pour sanctionner le bracelet électronique, la  peine aménageable, ou le travail d’intérêt général.

 

"Les Progrès de l'éducation" par Karine Linord

« Les Progrès de l’éducation » par Karine Linord

 

La nature ayant horreur du vide, le jeune d’aujourd’hui se retrouve seul face à lui même avec ses propres certitudes et convictions qu’il a élaboré au fil des ses rencontres plus ou moins hasardeuses. Et que lui propose-t-on ?

Des assistantes sociales,  des psychologues, des écoles de la deuxième chance, des polices de proximité, des éducateurs spécialisés, des grands frères.

On appelle tout cela : la rééducation.

Bonne lecture du No.60 de Tropics Magazine : http://bit.ly/2bHYRqK

 

KARINE LINORD

Editrice (Zone Francophone Internationale)

 

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